Les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) ne sont plus seulement pénalisés sur le marché locatif. Ils commencent aussi à devenir un véritable casse-tête pour leurs propriétaires lorsqu’il s’agit de vendre ou de financer un projet. Les banques, de plus en plus attentives aux critères énergétiques, n’hésitent plus à serrer la vis. Depuis l’entrée en vigueur progressive des interdictions de location, les passoires énergétiques ont perdu de leur attractivité. Les acheteurs savent qu’ils devront engager des travaux coûteux pour pouvoir louer ou simplement maintenir la valeur de leur bien. Face à cette réalité, certains établissements bancaires considèrent qu’un logement mal classé est un actif risqué, susceptible de perdre encore davantage de valeur dans les années à venir. Conséquence : l’accès au crédit devient plus difficile pour les acquéreurs de ce type de bien. Certaines banques imposent un apport personnel plus élevé, d’autres augmentent les taux, et dans certains cas, le financement est refusé si aucun plan de rénovation n’est présenté. Le message est clair : les établissements ne veulent plus financer des biens qui risquent de se transformer en fardeau. Pour les vendeurs, la situation est tout aussi délicate. Un bien classé F ou G se négocie souvent avec une forte décote, parfois jusqu’à 20 % par rapport à un logement mieux noté. Ajoutons à cela la frilosité des banques, et l’équation devient difficile : moins d’acheteurs potentiels, moins de capacité d’emprunt, donc des transactions qui peinent à aboutir. Les propriétaires se retrouvent alors face à un choix : vendre à perte ou investir dans des travaux de rénovation énergétique. Les aides publiques, comme MaPrimeRénov », offrent des leviers, mais elles ne couvrent pas toujours la totalité des coûts. La rénovation devient donc un passage obligé, non seulement pour améliorer le confort du logement, mais aussi pour débloquer l’accès au financement. Le DPE, autrefois perçu comme une simple formalité, est désormais un critère bancaire de premier plan. Les passoires énergétiques se retrouvent au cœur d’un double verrou : réglementaire et financier. Une situation qui confirme que la valeur immobilière de demain dépendra autant de l’adresse que de la performance énergétique.